couche incontinence

Epidémiologie Enfant

Incontinence Epidémiologie Enfant

L’International Children’s Continence Society (ICCS) considère l’énurésie nocturne comme une incontinence urinaire intermittente (par opposition à l’incontinence urinaire permanente) car elle survient uniquement pendant le sommeil. De ce fait, les termes incontinence nocturne (intermittente) et énurésie deviennent synonymes. L’énurésie est à la fois un symptôme et un état pathologique. L’énurésie nocturne est dite isolée ou mono-symptomatique lorsqu’elle n’est associée à aucun autre trouble mictionnel diurne tel qu’une instabilité vésicale, par exemple.

On distingue également l’énurésie primaire et l’énurésie secondaire.

L’énurésie est dite primaire si la perturbation n’a pas été précédée d’une période de continence urinaire. C’est la forme la plus fréquente, 75 à 80% des cas. L’énurésie est dite secondaire si le trouble a été précédé d’une période de continence, d’au moins 6 mois sans traitement. Elle est, dans ce cas, souvent déclenchée par un événement perturbant l’équilibre psychique de l’enfant. L’énurésie nocturne primaire mono-symptomatique serait la forme la plus fréquente. Elle représenterait 58 à 85% de l’ensemble des fuites nocturnes d’urine chez l’enfant.

L’énurésie nocturne, une pathologie fréquente ?

L’énurésie nocturne est une pathologie fréquente, touchant apparemment plus les garçons que les filles (sexe ratio de 2). A sept ans, la prévalence de l’énurésie peut être estimée entre 6 et 10%. En France, la prévalence de l’énurésie nocturne a été appréciée par 2 enquêtes. Elle concernerait 49% des enfants entre 3 et 4 ans, 11,2% des enfants de 5 à 7 ans, 9,2% entre 5 et 10 ans et 1% entre 11 et 12 ans. Ces données ont été obtenues notamment à partir d’une enquête réalisée auprès de 3803 enfants scolarisés. Les chiffres de prévalence de l’énurésie nocturne en France sont en cohérence avec ceux obtenus dans des études étrangères

Cependant, les définitions de l’énurésie nocturne et les méthodes de recueil des données variant beaucoup d’un auteur à l’autre, les taux de prévalence observés sont difficiles à interpréter. La prévalence de l’énurésie nocturne diminue avec l’âge. Le taux annuel de guérison spontanée est d’environ 15% entre 5 et 19 ans. Deux à 3% des enfants continueraient à mouiller régulièrement leur lit durant l’adolescence. A l’âge adulte, la prévalence de l’énurésie nocturne serait de 0,5%. Avec l’hypothèse d’une prévalence de 8% à l’âge de 7 ans, le risque pour l’enfant de rester énurétique tout le reste de sa vie est de 3% s’il ne reçoit aucune prise en charge durant l’enfance.

Or le nombre d’enfants potentiellement concernés par l’énurésie nocturne peut être estimé à 400 000 enfants, entre 40 000 et 80 000 enfants, si l’on ne retient que les enfants de 7 à 8 ans souffrant d’énurésie nocturne primaire mono-symptomatique. Les premiers résultats d’une étude épidémiologique.

Pour aider à mieux cerner ce problème et à mieux connaître la fréquence de l’énurésie nocturne mono-symptomatique, les Laboratoires Ferring en partenariat avec la Société TNS Healthcare (Sofres) ont mis en place en même temps une enquête épidémiologique afin de mesurer, d’une part, la prévalence de l’énurésie nocturne en France, d’autre part, de faire un état des lieux des conséquences du vécu de l’énurésie par la famille et l’enfant et de la prise en charge actuelle de l’énurésie nocturne. Les foyers avec au moins un enfant âgé de 5 à 14 ans composant la base de sondage de la Sofres ont été interrogés par un questionnaire envoyé par voie postale. Les premiers résultats ont montré que la prévalence de l’énurésie nocturne en France est de 5,4%, chez les 5 – 14 ans et 6,8% chez les 5 – 10 ans. La prévalence de l’énurésie nocturne primaire mono-symptomatique est de 3,2% chez les 5 – 14 ans et 4,1% chez les 5 – 10 ans, avec un sexe ratio (garçons/filles) de 3.

Au-delà de sensibiliser médecins et familles aux conséquences de l’énurésie, ces enquêtes permettront de réaliser pour la première fois en 2007 une véritable photographie de l’énurésie en France et de montrer que l’énurésie nocturne primaire mono-symptomatique est bien plus fréquente qu’on ne le pense.